Des légendes ... firmidables !
| Ce pourrait être un roman. Déroulant son intrigue sur fond d'une inquiétante résurgence préhistorique sous les apparences d'un volcan qui n'en a jamais été un même si la légende est tenace. Voilà qui déjà déconcerte. Fierté de Firmi (de Firmy ?), ce "Puy de Wolf" que désignent les panneaux indicateurs de notre ère motorisée semble effectivement à la mesure d'un mythe. Et comme pour enjoliver l'histoire, il recèle dans ses entrailles la serpentine qui, jadis, rendit jaloux les marbriers de Carrare. "Puech do Bouol" depuis toujours, dans la langue du pays, il est aussi la montagne du vol (ou des vols) d'oiseaux dans une traduction supposée que semble renforcer la proximité du village du Perdigal (perdreau). Place, alors, à l'association de ces deux noms dans une belle anecdote venue du Moyen Age. C'était au 13e siècle. Le seigneur de Firmy, chassant sur la colline, aurait aperçu une compagnie de perdreaux prenant son envol. Il aurait alors lâché ses faucons en les exaltant de la voix : "Bouol, bouol, bouol !". Ainsi seraient nés les sites de Bouol et du Perdigal. La montagne pelée héritait aussitôt du nom de Puech de Bouol ou Puy de Vols. Mais alors comment expliquer la transformation en Wolf ou Volf (le loup en allemand et en anglais), parfois aussi en Wool (racine anglo-saxonne signifiant laine) ? L'esprit vagabondant encore naît une non moins belle légende. L'incursion en Rouergue de quelques soldats du Prince Noir, pendant Une thèse osée mais que conforte l'existence de ce village de L'Englès (l'anglais) entre Firmi et Noailhac. Et si s'était fixé là un soldat anglais déserteur, lassé de la longueur de la guerre? Retrouvant un paysage lui rappelant peut-être son Ecosse natale, il y aurait épousé une bergère du coin. Et c'est de la rencontre d'un loup, alors qu'il longeait le ruisseau du Saltz, qu'il pourrait s'agir. Une interprétation plus plausible que celle de la présence d'un troupeau de moutons ( Wool ), la montagne étant désignée pour ses herbes mortelles pour les broutards. Des histoires, on en conviendra, tout ce qu'il y a de ... firmidable ! Et tant pis pour le zéro pointé visant la faute d'orthographe. On n'en est pas à une près à FirmiFirmy où la valse hésitation a gardé un goût d'inachevé. Les anciens documents donnent Firmi. Mais on écrira progressivement Firmy cependant que la poste et les actes officiels reviendront à Firmi pour éviter de regrettables confusions avec Firminy, la commune de la Loire elle aussi industrielle. En 1954 et 1955, on assiste, en Aveyron, à de nombreux changements de noms de communes. Successivement, Castelnau devient Castelnau de Mandailles, Saint-André devient Saint-André de Najac, Sainte-Eulalie devient Sainte-Eulalie d'Olt, Vabre devient Vabre-Tizac, Vabres devient Vabres l'Abbaye. Ceci pour éviter des confusions avec d'autres communes du département (CastelnauPegayrols, Saint André de Vezines, Sainte-Eulalie de Cernon). Et Firmi-Firmy là-dedans ? Le 1er juillet 1956, le conseil municipal de Firmy délibère sur la dénomination de la commune. Le Préfet de l'Aveyron, Maurice Bonafous, a demandé que le nom soit orthographié Firmi et non Firmy. La commission municipale qui a étudié cette affaire, considérant que tous les registres de l'état-civil, les anciens documents, cachets, registres, etc... portent Firmy et non Firmi, propose de demander au Ministre de l'Intérieur que, dorénavant, la graphie officielle du nom de la commune soit Firmy. Le conseil se range à son avis et charge le Maire d'intervenir auprès du Ministre afin d'obtenir satisfaction. Qu'en sera-t-il ? "Il y a eu cette délibération, c'est tout. Ça n'a pas été plus loin", assure Roger Caussanel, secrétaire de mairie de l'époque et auteur de la relation manuscrite de la délibération sur le registre. De fait, on ne retrouve, dans les archives de la mairie, ni lettre au Ministre, ni autre intervention du Maire ou du Préfet. Par contre, dans les mois suivants, comme par enchantement, le nom de la commune se trouvera progressivement. orthographié Firmi, et non plus Firmy, dans les registres et autres documents officiels. Firmi ou Firmy ? Il reste que l'étymologie est la même. Mais sur les origines du nom on peut, là aussi, faire diverses suppositions. L'appellation pourrait provenir d'un nom propre Romain comme ce fut le cas pour Aubin (Albin). Le général Albinus aurait fondé la ville d'Aubin et Firminus, son lieutenant, aurait donné son nom à Firmi. C'est lui qui aurait fait construire, sur la butte, le premier château fort attribué plus tard à la famille de Mais Firmi pourrait bien aussi tirer son nom de Saint Firmin (évêque d'Amiens et disciple de Saint Saturnin, évêque de Toulouse) qui aurait évangélisé le pays. D'énigme en énigme, au bout du compte, au bout du conte, une histoire ...firmidable, nous persistons à l'écrire, et que nous vous invitons à mieux découvrir. Extrait du livre " De Firmy... Une Histoire Firmidable ... à Firmi", livre publié par le Syndicat d'initiative de Firmi. Copyright S.I. de Firmi 1993. |
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